J’aime lire les autocollants apposés sur les voitures. Ils en disent long sur les valeurs que l’on prône. Dernièrement, j’en ai remarqué un qui s’applique bien à ma vision de cette chronique : Love is the answer.
En
fait, après avoir traité de divers thèmes à travers les yeux de l’environnement,
je me suis demandé comment la maîtrise du savoir-être intégrait tous ces
thèmes. Le choix conscient de la maîtrise du savoir-être est le résultat d’une
démarche personnelle intérieure en constante évolution. Cet état d’être
facilite le maintien de la paix intérieure et avec notre environnement,
indépendamment des défis à relever. À cet effet, j’ai dans mon entourage
immédiat un exemple typique d’une femme maîtrisant le savoir-être : Leah,
l’enseignante de ma fille.
Laissez-moi
vous mettre en contexte. En Californie, les réductions du budget voué à
l’éducation sont tellement énormes que l’État possède un des pires systèmes
d’éducation des États-Unis. Faire plus avec toujours moins est donc une réalité
de tous les jours pour les enseignants. Les besoins des enfants sont criants,
mais les ressources ne sont pas disponibles. Certains enfants de la classe de
ma fille n’ont pour unique maison qu’une caravane de camping. Cela en dit long
sur les différences socio-économiques que l’on peut retrouver au sein d’une
même école, ajoutant ainsi un défi de taille.
Lorsqu’il
fut annoncé l’année dernière que Leah était celle qui prendrait en charge le prochain
groupe de 1re année, plusieurs parents fréquentant l’école nous ont
dit combien nous étions chanceux. Il faut aussi savoir que dans cette école
inspirée Waldorf, les enfants et leur enseignant ont une relation privilégiée
qui dure au minimum cinq ans. On se sent donc privilégié lorsque l’enseignant
de notre enfant nous sied bien. Leah est une mère monoparentale n’ayant aucun
jour de repos. Sa vie tourne donc autour des enfants. Pour répondre aux besoins
des siens et de ceux des autres, la patience est de rigueur. Cependant, la
patience n’est pas sa recette secrète.
J’ai
la chance de pouvoir m’impliquer dans la classe de ma fille en organisant des
activités d’écobricolage. J’ai parfois des moments de découragement lors de mes
interventions. Disons que le respect n’est pas toujours au rendez-vous et que
certains jeunes ont des problèmes de discipline flagrants. Après une journée
plus décevante, j’ai demandé à Leah comment elle faisait pour conserver son
sang-froid et sa sérénité. Elle m’a répondu sagement que nous ne devons pas nous
créer des attentes concernant le niveau de connaissances ou la capacité
d’apprentissage des élèves, mais plutôt : « Il faut prendre les enfants là où
ils sont. » m’a-t-elle dit. « À la base de tout cela, réside
l’amour. Car si nous ne les aimons pas, ils n’apprendront rien. »
Alors,
tout est question d’amour : voilà l’ingrédient magique! L’amour de soi
nous permet de nous accepter et d’accepter les autres tels qu’ils sont. Il est
donc plus facile d’accepter les expériences de vie nous aidant à grandir intérieurement.
Cette acceptation personnelle nous redonne notre liberté d’être nous-mêmes, ce
qui demande aussi beaucoup de courage. Tout le monde le sait, même si nous
sommes heureux de pouvoir réaliser notre plein potentiel et nos rêves les plus
chers, il n’est pas dit que tout sera facile. Il n’en demeure pas moins que cette
intégrité retrouvée nous propulse vers de nouveaux sommets. Nous ne nous
imposons plus autant de limites lorsque l’amour et le courage sont présents.
Bien
qu’ayant plus de courage il ne faut pas se cacher que la discipline personnelle
est un atout important pour poursuivre notre route malgré les embûches. Je
parle en connaissance de cause, puisque j’ai une grande facilité à me
discipliner lorsqu’il est temps de créer un curriculum d’éducation relative à
l’environnement pour l’école. Par contre, lorsque j’ai sommeil, je résiste
parfois, car j’ai tant à faire encore! Résultat : je mets ma santé de côté
et, bien entendu, je suis bien trop fatiguée le lendemain matin. Ne me demandez
pas en plus de me lever 30 minutes plus tôt pour faire ma pratique de yoga!
Elle me serait pourtant si bénéfique! Encore là, l’amour de soi a raison de
tout. Et l’amour mène au savoir-être.
Il
semblerait que j’ai encore besoin d’apprendre à penser à moi d’abord, à m’aimer
suffisamment pour me mettre à l’horaire avant qui que ce soit. Et quelle
différence lorsque nous agissons par amour de soi! Comme l’amour de soi mène
aussi à l’amour des autres, nous sommes en mesure de créer des relations importantes
avec les gens parce que nous cultivons désormais la confiance. Notre amour
propre fait en sorte que nous nous respectons davantage et nos choix de vie
sont naturellement plus respectueux de l’environnement. L’équilibre dans notre
vie est plus facilement atteint lorsqu’il existe une relation personne-société-environnement
harmonieuse.
Percevoir
le divin en soi et en l’autre est une grande preuve d’amour, et cela se
manifeste grâce à la gratitude que nous ressentons. En percevant ce qui nous
entoure comme divin, nous sommes conscients que la vie sait nous offrir, tel un
maître, les apprentissages nécessaires à notre évolution personnelle. C’est lorsque
nous prenons le temps de nous arrêter pour vivre ces apprentissages que nous
pouvons nous unir avec les vibrations de notre cœur. Il en résulte des moments
de bonheur extraordinaires.
Bref, il semble bien que l’amour de soi et des autres nous amène à instaurer des habitudes de vie honorant la nature et ce qu’elle nous offre. En respectant la Terre, nous accroissons aussi l’ouverture de notre conscience. Il nous est donc possible de faire radier notre beauté intérieure vers l’extérieur. La maîtrise du savoir-être est le résultat de l’union de tous ces thèmes qui ont guidé mes écrits pendant ces douze derniers mois. Et sans l’amour comment pourrions-nous maîtriser le savoir-être?
Marie-Josée
LeBlanc
Éducation relative à l’environnement (ERE)
mjyogee@gmail.com
Petaluma, Californie
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