Michel Odent, spécialiste de la naissance reconnu internationalement a dit un jour : «les femmes qui accouchent le mieux sont celles qui ont le moins lu» et il décrit l’effet nocebo des rencontres prénatales, c'est-à-dire leur impact négatif, l’augmentation du stress, les effets secondaires sous-évalués de certains examens, etc…
Encore une fois, si nous revenons à la
base, à observer les adaptations physiologiques du corps, nous allons être
surpris de réaliser combien certaines interprétations des processus
physiologiques ont entrainé des interventions qui ont finalement nuit aux
accouchements, à l’allaitement et même au lien parents-enfant.
Il est intéressant d’observer les
examens qui sont faits et comment ils sont interprétés du point de vue médical ou
du point de vue des physiologistes.
Par exemple, le volume sanguin d’une
femme enceinte augmente de 40%, car son sang se fluidifie. Ce qui fait que son
taux d’hémoglobine (le pigment des globules rouges) que l’on mesure dans le
sang diminue : les globules rouges sont dilués dans le volume sanguin
augmenté.
A l’heure actuelle, on a peur quand le
taux d’hémoglobine diminue et on a tendance à donner du fer : on parle
d’anémie et de risque de fatigue, de mauvaise oxygénation et d’augmentation des
risques à l’accouchement en cas de saignement. Or, des chercheurs britanniques ont
étudié 150 000 dossiers de bébés naissants et cette étude a montré que lorsque
le taux d’hémoglobine diminue, cela tend à prouver que le corps s’adapte et
répond à la demande du fœtus[1]. Il y a augmentation du risque de prématurité, de bébé de petit poids et de pré éclampsie lorsque le taux d’hémoglobine ne s’abaisse pas suffisamment.
Malgré les publications de plusieurs
études similaires, partout dans le monde, on continue de diagnostiquer de
l’anémie chez les femmes dont le taux d’hémoglobine diminue et de les
supplémenter en fer.
On retrouve le même problème avec le
taux de sucre qui augmente de façon normal pour répondre aux besoins du fœtus.
Très rarement, l’augmentation sera réellement pathologique.
A l’heure actuelle, on parle très
souvent de diabète gestationnel aux femmes (ce qui est très stressant et ce qui
implique plus de suivi et d’interventions pour le jour de l’accouchement) alors
qu’il ne s’agit, la plupart du temps, que d’une augmentation naturelle de
l’activité placentaire.
Les femmes sont toutes testées pour le
diabète gestationnel, mais nous n’avons pas la preuve après plusieurs années
que cela a entrainé une amélioration des statistiques.
Nous avons peut être intérêt à
développer une autre forme de suivi et de préparation pour les femmes et leurs
conjoints afin qu’ils retrouvent la confiance en leur capacité de donner la vie
après avoir conçu cet enfant!
Je pense que l’enseignement qui est à
faire est plutôt aider à déprogrammer, à laisser aller ce qui n’est plus utile,
ce qui fige, ce qui fait peur. On a tenté toutes sortes de préparation à
l’accouchement, amener par exemple les femmes à respirer à un rythme précis
selon le stade de la naissance. Cela occupait leur mental mais ne les aidait
pas à vivre le moment pleinement.
Les femmes ont souvent été anesthésiées
afin qu’elles ne sentent plus la douleur. Par contre, cette technique ne les a
pas aidées à devenir mère, car le passage non vécu consciemment semble avoir un
impact sur la création du lien d’attachement qui permet cette connexion
profonde et unique entre la mère et son enfant.
Du côté des pères, ceux qui ont vécu
avec leur partenaire une expérience où ils faisaient totalement confiance aux
processus, où la grossesse privilégiait un temps nécessaire pour partager leur
vécu, leur projet de famille et aussi leurs angoisses, leurs peurs, se disaient
transformés après la naissance et beaucoup impliqués auprès des enfants.
La seule naissance qui permet
l’accompagnement réel de l’enfant et sa reconnaissance comme un être à part
entière est ce qu’on peut appeler l’accouchement
conscient.
Pour se préparer, les femmes ont à
pratiquer leur capacité de s’intérioriser, de trouver l’espace de calme en elle
et à avoir guéri leur propre naissance. Les retrouvailles avec le corps, en
utilisant une approche qui le tonifie, l’étire, le prépare à l’intensité de la
naissance est primordiale. L’équilibre du corps, réapprendre à l’écouter pour
bouger et savoir quoi faire en accouchant fait partie de la préparation.
L’expérience
nous montre que les femmes qui ont accouché en ayant totalement confiance en
leurs capacités ont tendance à se faire confiance beaucoup plus par la suite et
à choisir ce qui est le mieux pour leur enfant et elles-mêmes plus aisément.
Référence :
[1] Michel Odent, L’amour scientifié, Jouvence Editions1999
Isabelle Challut
Pleine Lune
Centre de ressource en périnatalité
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Tél: 819.323.4440
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